Parcours professionnel du zèbre – c’est du vécu!

Oh oui, c’est du vécu! Une scolarité à peu près sans faille, des résultats étroitement corrélés à mon niveau d’intérêt et de curiosité pour une matière, donc des performances croissantes de ma première à ma dernière année de fac. Une thèse en Neurosciences rondement menée en 3 ans, et 2 autres diplômes dans des domaines différents obtenus dans le même temps (je vous passe les détails de mon CV!). Puis 25 ans d’une carrière que certains qualifient d’atypique et que moi je qualifie de très riche d’expériences complémentaires. Neurosciences, recherche, management de projet, management de l’innovation, direction de fondation, accompagnement de porteurs de projets innovants, formations, conférences, …

Aujourd’hui je suis coach professionnelle certifiée, et j’aide les zèbres en questionnement dans le domaine professionnel à trouver la voie qui leur correspond vraiment. Je les accompagne avec avec ma boîte à outils bien à moi, mon expérience professionnelle comme personnelle, mes propres rayures, mon intuition et ma capacité à m’adapter à tout type de personnes, sans souci d’une quelconque « hiérarchie ». Parce que pour moi, la valeur d’une personne est intrinsèque et ne provient ni de son compte bancaire ni de ses titres. Et que toute personne, quelle qu’elle soit, mérite le respect. OK, ça, se sont mes valeurs, j’en parlerai une autre fois!

Outre ma propre expérience, je pourrais vous parler du parcours de plusieurs de mes coachés.

De celui d’un homme que l’on pensait pas très doué pour cause de scolarité peu satisfaisante et qui après un BEP et quelques mois à s’ennuyer en entreprise a pris la décision de faire un BTS. Comme il s’ennuyait encore, il a finalement opté pour un diplôme d’ingénieur des matériaux – il est sorti major de sa promotion et se trouve à peine assez occupé dans son nouveau métier!

De celui de cette femme qui, après avoir été bibliothécaire et incomprise pendant plus de 5 ans a repris des études en psychologie et a réussi une brillante carrière de psychologue.

Ou encore cette personne qui a décidé, comme elle était incapable – et refusait – de rentrer dans le moule qu’on lui imposait, de créer son propre moule – une entreprise qui aujourd’hui tourne à merveille! Bref, autant de profils qui ne rentrent pas dans les cases mais qui pourtant, chacun à sa manière, illustre bien le tempérament des zèbres et leur besoin de sens!

La vie pro, pour certains, c’est (particulièrement) compliqué

Parmi les zèbres en recherche d’emploi, on retrouve différents types de profils. Certains points peuvent alerter les recruteurs sur leurs possibles rayures, et c’est bien souvent là que les problèmes commencent …

Au moment du recrutement

Le parcours d’un zèbre peut faire peur, et son CV à lui seul à le pouvoir de terroriser un recruteur ou un DRH. Pourquoi?

  • Trop de diplômes …

Il y a ceux qui collectionnent les diplômes de haut niveau, les formations en tout genre. Où les caser? « A priori » (chères croyances!!!) ils vont demander beaucoup trop cher, et en plus ils sont plus diplômés que le boss / leur N+1 / moi (entourer la bonne réponse).

  • … ou pas assez

Il y a les autodidactes, capables de tout apprendre ou presque à condition que le sujet les passionne. « Oui mais ces pseudo-compétences, ces pseudo-connaissances, on n’y croit pas, on veut des preuves ». Sauf que pour ça encore faudrait-il qu’on leur laisse la chance de prouver leur expertise, même si elle n’est pas officiellement validée par un diplôme. Et ça, comment dire? … C’est plutôt Mission : Impossible qu’Alice au pays des merveilles!

  • Une trop grande instabilité

Cumuler des expériences professionnelles dans différents domaines, dans différents pays, ça aussi ça peut faire peur. Comment imaginer qu’on puisse passer d’un métier à un autre, d’une structure à une autre, aussi facilement? C’est surement que la personne est instable, qu’elle n’est pas performante (et donc encouragée à aller voir ailleurs) ou encore incapable de s’intégrer. C’est forcément par défaut qu’elle change de job (croyances, re-bonjour!).

Pour résumer, le parcours d’un zèbre fait souvent peur parce qu’on y détecte encore une fois une personne (au profile) atypique, qui ne rentre pas dans les cases, qui est « trop » ou « pas assez », bref, qui vient raviver des croyances et des peurs trop bien ancrées.

Et une fois en poste

  • Ignorance de sa douance

Ne pas connaître, ou pire encore, ne pas RE-connaître sa douance peut générer mal être, tristesse, repli sur soi, et même parfois une certaine agressivité. Parce que le zèbre ne comprend pas « pourquoi ça cloche » malgré touts les efforts qu’il fait. Pourquoi quand il propose son aide, cela agace les autres. Pourquoi quand il se force à participer à une discussion portant sur des banalités, on lui tourne le dos. Pourquoi … il ne parvient pas, malgré toutes ses contorsions, à entrer dans le moule, à être comme les autres, à se faire accepter.

  • Décalage horaire / timing différent

Un zèbre comprend vite, voit les choses plus clairement, trouve rapidement des solutions « évidentes » pour lui, dont il a du mal à expliquer l’origine. En réunion, il gribouille, remue sur sa chaise, change de place, regarde par la fenêtre, fouille dans ses papiers, prend des notes sans lever son stylo, bref, il s’ennuie et s’ennuie vite si la discussion ne l’intéresse pas – généralités, recherche de solutions qu’il a déjà trouvées, etc.

Comme il travaille plus rapidement, il finit ses tâches bien avant les autres. Avec son coté entier il ne voit pas l’intérêt de faire de la présence pour faire de la présence. Mais s’il en profite pour partir plus tôt, il devra affronter l’incompréhension, la critique, et encore une fois le rejet de ses collaborateurs comme de ses supérieurs. Même chose s’il se trouve une autre occupation pour s’occuper, même discrètement.

  • Idéalisme

L’idéalisme du zèbre peut lui revenir en pleine figure comme un boomerang en pleine vitesse. Impossible pour lui d’accepter une mission qui va à l’encontre de ses valeurs. Par exemple, il ne pourra pas vendre un produit ou un service en lequel il ne croit pas. « Oui mais bon, tu t’en fous, c’est juste ton job ». Oui, mais non, pour un zèbre c’est différent. Ça n’est pas qu’il s’y refuse, c’est qu’il est vraiment dans l’incapacité de le faire. Même si au final il risque de perdre son job.

  • Perfectionnisme

Le driver « sois parfait » est un des drivers que l’on retrouve le plus souvent chez les zèbres. Être parfait, faire parfaitement, tout, tout le temps. C’est épuisant. D’autant quand on a le regard aiguisé et que la moindre erreur, la moindre faute d’orthographe, le moindre décalage du trait, la moindre couleur qui ne plait qu’à moitié, tout vous explose à la figure et est insupportable. La perfection n’étant pas de ce monde (sauf erreur de ma part), le zèbre va reprendre son travail encore et encore, au risque de ne jamais le terminer.

Cela explique, au moins en partie, la forte tendance du zèbre à la procrastination. Puisqu’on n’est pas dans les conditions optimales, qu’on ne peut pas rendre un travail parfait, on ne fait pas. On écrit des kilomètres de texte mais on ne publie pas (c’est encore une fois du vécu). On sait qu’on devrait faire … mais on ne fait pas, de peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur, de n’être pas assez bon. Résultat: le zèbre passe pour un incapable, un faignant, quelqu’un de faible, sans volonté.

  • Faux self et suradaptation

Ah le faux-self … ce personnage que le zèbre se crée pour ressembler aux autres du mieux qu’il peut et qui finit par lui coller aux basques pendant parfois des années. Le faux-self comme une armure, dans laquelle le zèbre peut un jour se retrouver complètement enfermé, bloqué, à force d’en avoir trop fait pour s’adapter. Une des conséquences dans le domaine professionnel? Ne pas savoir repérer et encore moins accepter ses véritables limites. Au risque de s’épuiser, de se perdre dans un job, un rôle qui n’est pas le sien.

  • Besoin de sens

Le besoin de sens est une des caractéristiques majeures des zèbres. Je rencontre beaucoup de personnes qui ont quitté leur emploi parce qu’elles ne voyaient pas le sens de ce qu’on leur demandait de faire. Quitte à se retrouver dans une situation précaire, voir très précaire, à chercher désespérément l’activité susceptible de les motiver à se lever le matin. Apportez du sens à un zèbre et non seulement il donnera tout son potentiel, mais en plus il vous en sera sincèrement reconnaissant à vie!

  • Risques élevés de burnout, boreout, brownout

Le Burnout est un syndrome d’épuisement professionnel qui apparaît lorsqu’il y a une surcharge trop importante de travail et/ou de stress.

Le Boreout apparaît quant à lui lorsque la charge de travail est insuffisante et/ou que le salarié ne se sent pas assez stimulé sur le plan intellectuel. Par exemple quand il se voit confier des tâches rébarbatives et répétitives, ne correspondant pas à ses compétences réelles.

Le troisième syndrome identifié est appelé Brownout. On le retrouve chez des personnes qui ne trouvent pas de sens ou d’utilité dans leur activité, ou dont les valeurs ne sont pas en phase avec celles de l’entreprise ou de la mission qu’on leur demande d’accomplir.

Au travers des points précédents, vous l’aurez compris, le zèbre, de par son mode de fonctionnement cognitif et émotionnel particulier, est une cible privilégiée pour ces trois types de syndromes. Cette sensibilité peut représenter un frein supplémentaire à l’embauche d’un profile atypique.

Problèmes relationnels

Le zèbre peut donner une mauvaise image en entreprise, celle d’un Monsieur ou Madame « je-sais-tout-mieux-et-plus-vite-que-tout-le-monde ». Même si sa seule volonté est d’aider.

On peut aussi le juger arrogant, prétentieux face à ses collaborateurs, voir face à ses N+x. D’autant que zèbre et hiérarchie, cela fait souvent plusieurs! Reconnaître de la valeur aux personnes indépendamment de leur niveau de postes ou de leurs diplômes est souvent mal interprété et peut mener à de sérieux conflits.

Et puis il ne s’intéresse pas aux « discussions de la machine à café«  – la dent du petit dernier, la nouvelle coiffure de Madame, la dernière prouesse du toutou, et autres banalités. Il voudrait bien, mais rien à faire, ça ne le branche pas du tout. Alors on le rejette et il se sent, forcément et à juste titre, isolé.

Le zèbre a aussi l’art d’attirer des personnes toxiques qui profitent de sa tendance à la surempathie et de sa difficulté à dire non (driver « fais plaisir » entre autres). Ce qui l’amène régulièrement à en faire (beaucoup) trop pour les autres, notamment pour les personnes nocives, et à s’oublier lui-même.

Et ce ne sont là que quelques exemples de problèmes relationnels que les HPI peuvent rencontrer dans le domaine professionnel. Il y a autant d’expériences différentes que de zèbre!

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